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MUSETTE • Drape Me In Velvet [Häpna, 2012]

Dans Häpna le 28/02/2012 à 00:00

Paru chez le label suédois Häpna, Drape Me In Velvet est un album de Musette, avec une majuscule. A l’origine, ce n’étaient, entre les mains de Joel Danell, que de vieilles cassettes audio que l’on datera des années 60. Des mélodies barbe à papa et pomme d’amour, en saveurs madeleine et décorations d’après-midi de fête foraine ou d’heures de fermeture de bal populaire. A cette matière d’archive, Joel Danell ajouta des rayures, des griffures et des désordres. Il y superposa aussi quelques nouvelles bribes instrumentales, principalement rythmiques. La curiosité gentiment anachronique devint de l’easy-listening expérimental, tendrement excentrique et follement touchant. Perdu entre passé et présent.
En voisin de chambrée de Leyland Kirby et de son projet The Caretaker – et après le coup d’essai de Datum (Tona Serenad, 2009), Musette joue avec malice des ressorts du temps, de la mémoire et de l’oubli. Et glisse un poil à gratter sournoisement nostalgique – et parfois sombre (Tempelhof, Horse Thoughts) – dans des inconscients qui n’en demandent souvent pas tant pour se laisser chatouiller du côté solitude, et tout au bout d’un rire jaune, émouvoir.

MIREL WAGNER • s/t [Bone Voyage, 2011]

Dans Bone Voyage le 27/02/2012 à 00:00

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Mirel Wagner n’a qu’une vingtaine d’années mais elle chante et conte des vies de noirceurs et de feux éteints. De son portrait, s’échappe un regard volontaire qui n’a peur de rien. Et surtout pas de laisser guitare sèche et voix s’imposer, aussi sûrement qu’un murmure planté au creux de l’oreille. L’intention et la forme ont été mille fois rencontrées mais rarement a-t-on senti de tels frissons parcourir le cœur et l’échine. Rarement depuis Hope Sandoval et bien avant, PJ Harvey. Et peu importe une biographie taillée dans le trop bon goût – Mirel Wagner est Finlandaise, d’origine éthiopienne. Sur la forme, ce premier album est folk. Au tréfonds, il est blues et transpire les démons et les peurs. Minimaliste et aride, c’est un tord-boyaux qui glace le sang jusqu’à l’os.

(publié sur Autres Directions le 27/02/2012)

JASPER TX • The Black Sun Transmissions [Fang Bomb, 2011]

Dans Fang Bomb le 24/01/2012 à 00:00

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Cinq titres, cinq piliers. La brume de Signals Through Wood And Dustn, piquée de présence humaine (code morse, signaux radio). Le violoncelle de Weight Of Days, ample manteau déchirant. L’engloutissement de la guitare claire de All I Could Ever Be par un drone irrésistible et brutal. L’épopée glaciaire de Shores. Et enfin, la victoire d’un piano et d’un trombone sur la fange de White Birds. Cinq piliers pour bâtir, sur des entrelacs d’organique et de métal, une œuvre immersive et dense. Monumentale et foisonnante. Cinq contes à n’en pas dormir debout, qui jettent un voile noir sur des yeux écarquillés et répandent une nappe de plomb sur un monde à frémir. The Black Sun Transmissions. La merveille du monde englouti de Jasper TX et de son urbaniste Dag Rosenqvist.

(publié sur Autres Directions le 24/01/2012)

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